J'ai passé beaucoup de temps hors de la maison de mes parents.
A 13 ans, pour un mauvais carnet de notes, je prenais un billet dans la gueule, accompagné d'un élégant "va bouffer chez MacDo, je ne veux pas te voir aujourd'hui". J'allais donc voir mon copain Ronald, puis j'allais traîner en ville, au café en hiver, sur la place principale en été.
Comme je traînais au café, je finissais par picoler un peu, un Baileys par-ci, par-là, des alcools bonbons, faits pour les enfants.
Le jour où je me suis aperçue que je rentrais bourrée à la maison 3 fois par semaine à 5 heures de l'après-midi, je suis passée à l'orange pressée....Mais jamais on n'a senti mon haleine, jamais on ne m'a posé une seule question. Il m'est arrivé de mentionner que j'avais bu du champ' dans un bar, c'était un non-évènement.
J'écris pour comprendre ce que je ne comprendrai jamais, maintenant que je suis mère. Comment ai-je pu être aussi soignée (fringues, cours particuliers, orthodentiste, kiné, vacances) et en même temps aussi négligée? J'ai pensé pendant des années qu'il s'agissait d'un choix éducatif, celui d'une grande liberté, mais je me demande aujourd'hui si je n'ai pas confondu liberté et indifférence.
samedi 22 décembre 2007
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