jeudi 13 décembre 2007

words, words words

Longtemps je n'ai pas écrit, longtemps je n'ai pas parlé. Le silence permettait de maintenir les apparences, ces apparences qui me permettaient de me sentir comme les autres, sans boule au ventre, sans ce petit animal qui gratte tes entrailles, sans cette angoisse de rentrer à la maison.
Les premiers mots sont arrivés à 12 ans, j'ai passé 3 mois loin de chez mes parents. Ils ont provoqué la stupéfaction puis une grande empathie.
Les seconds mots ont été ceux d'un homme qui m'a un jour dit que j'étais quelqu'un de bien, et que ma famille ne le réalisait pas. J'avais 16 ans et j'avais fait une fugue de 3 heures (niveau élevé de délinquance, je m'étais payée une toile sans prévenir).
Les mots échangés avec mon analyste depuis des années coulent et me font un bien fou.

J'étais une pauvre petite fille riche, les mots ont fait de moi une survivante, et une femme moins riche mais équilibrée.
Ce blog est anonyme car je pense y déverser de la haine. Je suis lisse, souriante, charitable, bonne mère et bonne épouse, serviable. Je garde ma haine pour ma mère. Ce sera ici que je la cracherai, en vrac, quand ça me prendra...Que faire de tout ce venin?

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